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Le héraut d'armes, comme le roi d'armes, a de multiples fonctions:
    - créateur des nouveaux blasons, responsable des armoriaux,
    - organisateur des tournois, juge, ambassadeur....

Dans les écrits français du milieu  XIIème siècle, le terme héraut apparaît sous la forme Hirou ou Hiraut, pour passer sous la forme Héraut dans la plupart des langues européennes.
Les hérauts forment assez rapidement un corps permanent, qui devient vers le milieu du XIVème siècle un élément incontournable de la cour.
Leur fonction demeure en vigueur tant que les pratiques militaires médiévales obligent rois et seigneurs à se faire reconnaître au moyen de leurs bannières.

 Anecdote:

De nombreuses familles aiment à rappeler l'origine glorieuse de leur blason.
L'histoire raconte, que le soir de la prise de Ptolémais, le duc d'Autriche était couvert de sang, sauf à l'endroit de la ceinture.
Les couleurs du drapeau d'Autriche conservent encore ce souvenir.

 

    

Le rôle du héraut découle de l'art militaire.

Sur les champs de bataille ou sur les lices d'un tournoi, les rituels chevaleresques imposent des marques d'identification dont la lecture rapide et sans erreur, exige une mémoire sans faille et une confiance absolue.

Cette aptitude devient la spécialité des "Hérauts d'Armes" (d'où d'écoule le terme "Héraldique") qui sont à l'origine des premières règles héraldiques vers le XIIIème siècle.

---  2 règles s'imposent très tôt :

ne pas mettre émail sur émail et métal sur métal
ne pas choisir les armoiries portées par autrui.


Exemples d'utilisation des armoiries

 
Château d'Auzers
détail de la cheminée

 
Château d'Auzers
au-dessus de la porte d'entrée

 
Château de Tournon
Salle des blasons et
Arbre généalogique de la famille Tournon

    

l'activité des hérauts est régie par un code d'obligation et de droits.

-- Sur les champs de bataille

Ils portent un tabard, sorte de tunique brodée aux armes de leur seigneur qui les rendent parfaitement repérables.
Ils ne portent ni armes, ni lance, ni épée.
Ils restent en permanence près de leur maître, dont ils partagent la tente.
Assurés d'une inviolabilité absolue, ils sont les seuls à pouvoir pénétrer en camp ennemi:
    - pour des missions de diplomatie
    - pour lire une communication de leur maître : message ou défi
    - pour demander une suspension des combats
    - pour négocier une capitulation, etc...
En retour , ils ont obligation d'impartialité et de neutralité. Ils ne doivent pas dévoiler les dispositifs adverses.

-- Avant la bataille

Avant de partir au combat, les chevaliers confient leurs biens précieux, et leurs actes testamentaires aux hérauts.

-- A l'issue de la bataille

Le combat achevé, les hérauts des différentes factions attribuent la défaite au parti comptant le plus de morts, dont ils dressent la liste.
Les coutumes de la guerre exigent d'ensevelir les morts et de relever les blessés.qu'ils sont seuls à pouvoir identifier grâce à leurs armoiries.
Le vainqueur peut tirer une forte rançon d'un adversaire prisonnier.

-- En temps de paix

Ils organisent les manifestations d'apparât, adoubements (cérémonies permettant de devenir chevalier), tournois, défilés....

Maître de cérémonie:
    - Ils annoncent l'événement,
    - Proclament les noms des combattants à leur en entrée en lice,
    - Dressent la liste des participants en reproduisant leur blason. Ces listes constituent les armoriaux dits occasionnels.
Ils contrôlent et enregistrent tout ce qui touche aux armoiries et aux structures généalogiques, féodales ou nobilaires.
Ils veillent au respect des règles héraldiques, en écartant ceux qui trangressent celles-ci.

    Véritables techniciens de l'héraldique, ils forment rapidement un corps permanent et hiérarchisé:
    - " Poursuivants d'Armes "
    - " Hérauts d'Armes "
    - " Rois d'Armes ".

Libres de circuler à leur guise, ils peuvent entreprendre de lointains voyages, et acquièrent ainsi une meilleure connaissance des blasons, des usages et des peuples étrangers.
    . En Europe, ils constituent une caste extra-territoriale jouissant de nombreux privilèges, dont l'exemption d'impôts.
    . En France, les hérauts disparaissent lors de la Révolution, réapparaîssent avec Bonaparte pour disparaîtrent définitivement en 1830.

   

A partir du XIIème siècle, les types de dessins portés sur le bouclier se multiplient, il faut alors dresser des registres où figurent toutes les armoiries connues: ce sont des "armoriaux." sortes de catalogues servant d'aide-mémoire et ayant une tendance encyclopédique.
Dès le XIVème siècle, les blasons des différents seigneurs sont si complexes et si variés que les hérauts les font peindre.
Les "armoriaux" sont donc un outil leur permettant d'identifier rapidement et sans erreur un personnage ou une famille à partir d'un écu armorié aperçu pendant une bataille ou un tournoi.

Différents types d'armoriaux

- Armoriaux "occasionnels":
Armes de personnes rassemblées pour une occasion particulière politique ou militaire:
    - bataille, siège, traité, tournoi, revue, parade...

- Armoriaux "institutionnels":
Personnes regroupées en institutions:
    - ordre de chevalerie, corps de métiers, confréries...

- Armoriaux "généraux":
Toutes les armes en usage géographiquement y sont recensées.

- Armoniaux "ordonnés":
Classement thématique des armoiries en fonction de leurs figures...

- un armorial peut également résulté d'un enregistrement à but fiscal:
En exemple: "l'Armorial Général" réalisé entre 1696 et 1709 sous Louis XIV.
L'usage des armoiries est alors taxé pour renflouer le Trésor Royal. On y répertorie les armes de quelque 100.000 familles.

 

Les armoriaux se présentent sous différentes formes:

- rouleaux (codec) de parchemin ou de papier

- registres

- livres reliés

- recueils....

 Le plus ancien armorial peint français, Armorial Wijnbergen, conservé à La Haye, a été réalisé vers 1267-1285.

L'invention de l'imprimerie fait apparaître au XVème siècle des planches préimprimées comportant écus, heaumes et lambrequins que les hérauts complètent des couleurs et signes adéquats.

Aujourd'hui, on considère que des collections d'écus ornant une poutre ou un plafond, constituent également des armoriaux.